A propos de mon travail

« Je ne travaille pas avec le psychisme, ni avec l’émotion. Non plus avec le récit.

À propos de mon travail :

La résonnance structurelle comme vecteur du réel

Pendant plus de quinze ans, le moi a cru que je procrastinais.Il croyait que je n’avançait pas, que je restais immobile, que je manquais d’élan.Le moi aime le mouvement vers l’extérieur :il veut comprendre, faire, produire, se projeter, se raconter.

Mais ce que je vivais n’était pas de la procrastination.C’était le réel qui clouait mon psychisme sur place.Non pour m’empêcher d’agir, mais pour permettre un mouvement interne,un mouvement subtil, un mouvement ontologique, au-delà de toute introspection.

L’introspection n’est que la face visible de l’iceberg.Elle appartient encore au psychisme qui tient encore les rênes.Elle observe le récit, les émotions, les pensées, les croyances.Ce que je traversais était d’un autre ordre.

Il s’agissait :

D’une réorganisation structurelle à l’insu d’un moi déjà fragilisé,

D’ une densification de la Présence,

D’une mise en place du sol,

D’une clarification de la membrane,

D’une chute progressive de la fiction..

Il fallait que la structure réelle devienne opérante et pas seulement perçue pour que je propose cette lecture aujourd’hui.

Je peux proposer ce travail maintenant parce que :

La Présence est devenue forme,l’axe réel tient,le sol est revenu,la membrane est transparente,le souffle circule.

Pendant des années, le réel a travaillé derrière le psychisme.Il a fissuré les croyances, a saturé les fuites, a dissous les directions, effondré le futur imaginal.Ce travail interne ne pouvait pas être accéléré.Il ne dépendait pas d’une volonté personnelle fictive. Il dépendait de la mécanique du Réel.

Ce que j’appelle “mon travail » n’est rien d’autre qu’une résonance structurelle.

Ce n’est pas une méthode qui impliquerait une connaissance, ni une technique qui nécessiterait un apprentissage, pas une transmission comme un processus psychique initiatique, pas un accompagnement qui implique une direction vers celui qui reçoit, pas une introspection qui suppose une observation de la forme, ni une guidance.

Ce travail est uniquement une résonance structurelle. Rien d’autre.La résonance structurelle est le moment où une structure réelle touche une autre structure réelle sans intention, sans direction, sans projection, sans interprétation.

C’est le Réel, le souffle en particulier, qui agit sans la participation d’un moi.

Ce « travail » dépend entièrement de la structure de l’autre….

Il ne dépend pas de sa volonté ,de sa compréhension,de son histoire,de son psychisme,de ses émotions,de son désir d’avancer…

Il dépend exclusivement de la structure réelle de l’autre :de la densité présente,de la membrane plus ou moins défensive,de la fissure de la fuite,de la chute des croyances,de la disponibilité du sol,de la tenue de l’axe,de la possibilité du souffle.

Autrement dit mon travail n’agit que si la structure de l’autre peut résonner.

S’il n’y a pas de résonance structurelle, il n’y a pas de travail, cela suppose en effet une altérité réelle.Ce processus n’est effectif que dans l’altérité réelle..Ce que je fais n’est pas une relation.Ce n’est pas un échange.Ce n’est pas un dialogue.Ce n’est pas une interaction psychique.

Ce travail existe dans l’altérité réelle,

c’est-à-dire dans l’espace où ma structure réelle rencontre la structure réelle de l’autre,sans fusion,sans projection,sans empathie,sans psychologie.

L’altérité réelle n’est pas un lien mais une zone de résonance.Dans cette zone, le souffle peut passer si et seulement si la forme de l’autre peut le porter.

Cette lecture agit structurellement, jamais psychologiquement.

Elle agit en fissurant la fiction,saturant la fuite,révélant l’incohérence,mettant en tension le récit,ouvrant la membrane,densifiant la Présence,redressant l’axe,réinstallant le sol,laissant passer le souffle.

Elle n’agit pas par compréhension ou résonnance psychologique mais par résonance ontologique.

C’est pourquoi elle ouvre quand l’autre est prêt..

Ce travail n’ouvre jamais avant.Il ouvre exactement quand la structure de l’autre peut le recevoir.

Le souffle ne traverse une forme que quand sa membrane commence à s’éclaircir,sa la fuite se fissure,sa croyance ne porte plus et son futur imaginal tombe,son axe autonome s’effondre.

Ce n’est pas une question de volonté.Ce n’est pas une question de compréhension.Ce n’est pas une question de motivation.

C’est une question de mécanique du Réel.

Quand la forme est prête, le souffle passe.

Quand elle ne l’est pas, il ne passe pas.

Ce travail respecte cette mécanique.Il n’ouvre jamais de force mais par résonance structurelle,au moment exact où la structure peut le porter.

Le réel n’a pas besoin d’être expliqué. Il a besoin d’être vu.Je montre. Le reste ne m’appartient pas..

Maëlle